6 trucs pour un brainstorming réussi

Combien de fois ai-je entendu que les brainstormings, ou remue-méninges (que j’ai personnellement baptisées tempêtes de cerveaux), font perdre le temps des gestionnaire au lieu de générer des idées nouvelles. Pourtant, chaque fois (ou presque) que j’anime une séance de créativité, le résultat permet à mes clients de faire un bond en avant pour se démarquer.

Voici 6 trucs pour trouver des solutions créatives à un problème.

1. Trouver le bon animateur

Tous les gestionnaires ne sont pas nés animateurs, ni n’ont les capacités pour animer une rencontre et susciter l’enthousiasme ainsi que la créativité; à chacun ses forces. Et de grâce, évitez de dire à votre groupe: «Nous avons 20 minutes pour générer des idées. Lancez-vous!».

Le premier truc consiste à trouver une personne dans l’organisation ou à l’extérieur qui détient trois compétences-clé: la capacité de jongler avec des idées et de faire des liens entre elles, une capacité d’interagir avec les autres en suscitant du dynamisme et de l’enthousiasme, et une maîtrise des diverses techniques d’animation de groupe.

2. Déterminer les objectifs

Un bon brainstorming débute avec la clarification du problème et de l’objectif de la rencontre. La ou les techniques d’animation sont déterminées par l’extrant que l’on veut obtenir. Par exemple, s’il s’agit de comprendre à fond un problème qui est survenu au cours de la semaine, le brainstorming ne constitue pas une technique à privilégier, car on n’est pas encore rendu à l’étape de trouver une solution. S’il s’agit de planifier des actions, l’animateur utilisera la technique de la grille d’action. Et s’il s’agit de générer des idées, l’animateur pourra utiliser l’une des techniques de remue-méninge pour arriver à ses fins.

3. Choisir un lieu stimulant

L’environnement influence la créativité. La salle de réunion habituelle n’est pas nécessairement la plus appropriée pour un brainstorming. J’ai aussi entendu parler d’organisations qui auraient loué une salle communautaire mal éclairée et froide, ce qui nuit au bon déroulement d’une séance. Comment être créatif en grelottant ou en se sentant oppressé par manque de luminosité?

Un bon brainstorming s’avère plus souvent efficace lorsque l’on sort de l’entreprise. Louez une salle pour quelques heures dans un coworking, dans un musée ou un lieu de création. L’idée consiste à sortir des lieux habituels et de créer une ambiance chaleureuse et stimulante.

4. Se conditionner à la créativité

La créativité surgit lorsque l’esprit y est conditionné. En gestion, notre rationalité est nettement plus sollicitée que notre créativité.

Comment se préparer?

L’animateur doit prendre 5 minutes pour faire une activité drôle, qui suscite l’envie de jouer chez les participants. Jouer permet de mettre la rationalité de côté et suscite l’enthousiasme, qui s’avère fort utile en créativité.

Le jeu le plus simple que j’utilise est «ni oui, ni non». Les personnes doivent converser sans utiliser les mots «oui» et «non». Elles y prennent rapidement plaisir et l’exercice les force, malgré eux, à sortir de leur cadre normal de pensée. C’est exactement là où je souhaite qu’il soit: hors de leur zone de confort.

5. Choisir deux techniques d’animation

Il existe deux familles de techniques d’animation: celles de la divergence, qui sert à générer des idées, et celles de la convergence qui sert à sélectionner des idées et à les creuser. L’animateur doit d’abord utiliser une technique de divergence afin de générer un maximum d’idées. Ici, c’est la quantité qui compte et non la qualité. Parmi les techniques, on retrouve notamment le brainstorming, le storyboard, la carte mentale et les connexions forcées.

Par la suite, il est nécessaire de sélectionner et d’aller plus loin en ce qui concerne certaines idées. Malheureusement, cette étape est rarement exécutée lors des séances de créativités. C’est ici que les techniques de convergence entrent dans la danse: la grille d’évaluation, la grille d’action et autres techniques d’animation permettent d’effectuer une sélection afin de retenir un nombre restreint d’idées dans le but de leur donner davantage de contenu.

6. Respecter les règles du brainstorming

  1. Éviter tout jugement. Il est strictement interdit de formuler une réplique du genre «ça ne sert à rien, nous l’avons déjà fait». La critique constitue un frein à la créativité et je la sanctionne souvent par un coup de klaxon (ce qui fait rire, habituellement). Il est cependant permis et encouragé de faire du pouce sur une idée!
  2. Viser la quantité. Plus on formule des idées, plus on s’approche de la solution. Habituellement, c’est au début de la séance que les participants vomissent des idées conventionnelles. C’est une fois que les idées préconçues ont été épuisées que la créativité émerge.
  3. Valoriser les idées différentes ou folles. Croyez-le ou non, j’ai animé une rencontre dans une collectivité où les problèmes de graffitis étaient importants. Une des idées, saugrenues au départ, consistait à encourager les vandales à faire des graffitis. Or, tout un programme de valorisant des arts muraux a été mis en place parce que les participants ont fait du pouce sur cette idée et ont pu élaborer le concept.
  4. Demeurer positif. Il est important de voir la valeur ajoutée que peuvent avoir toutes les idées. Critiquer et démontrer du négativisme ne mène jamais à rien lorsque l’on recherche des solutions. Gardez votre esprit ouvert!
  5. Améliorer les idées. Beaucoup d’idées seront appelées, peu seront élues. Il est important de creuser les idées retenues et de leur donner le plus de contenu possible avant le choix final qui le retiendra ou les rejettera.

Pour terminer, il est crucial que l’animateur évite un phénomène que l’on appelle «la pensée de groupe» ou group think en anglais. C’est un poison dans toutes les organisations. Elle consiste en un pseudo-consensus qui est imposé la plupart du temps par une personne ayant une forte ascendance sur les autres. On les détecte rapidement: elles laissent peu de place aux autres et utilisent un langage très populiste, du genre «si vous n’êtes pas de mon avis, vous êtes contre moi». Le rôle de l’animateur dans ce cas consiste à encadrer ces personnes et à relancer les discussions en posant des questions.

Pour aller plus loin, je vous suggère de lire le livre Créativité et gestion: les idées au service de l’innovation, de Camille Carrier et Sylvie Gélinas. La lecture de ce livre lors de ce cours au MBA a été un tournant important dans ma façon d’animer un groupe. À lire!

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Guy dit :

    Un grand négligé dans les PME ce brainstorming car les gens veulent passer trop rapidement à l’action. La démarche que vous proposez est excellence. Des supers conseil.

    1. Vous avez bien raison ! Merci pour votre commentaire !

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