L’entrepreneuriat, est-ce pour vous?

Plusieurs d’entre nous se demandent, le lundi matin en entrant au travail: «et si je démarrais mon entreprise et devenais mon propre patron?»

Je me suis déjà posé la question et j’ai agit en lançant une entreprise. Je n’ai jamais regretté cette expérience. Toutefois, il faut savoir qu’être entrepreneur n’est pas un gage de succès assuré. Il faut être patient et être tolérant au risque, car les résultats peuvent survenir après un long moment.

Olivier Lambert a lancé son entreprise en consultation marketing sur Facebook il y a un an, affirme-t-il sur son blogue. L’article qu’il a publié concernant son expérience entrepreneuriale documente à merveille les hauts et les bas d’une première année d’opération dans le domaine de la consultation.

En vérité, j’aurais aimé écrire cet article, tellement il est bon et raconte ce que vivent beaucoup d’entrepreneurs au démarrage de leur entreprise. Chaque fois que je rencontre un futur entrepreneur, je lui pose systématiquement la question suivante: es-tu vraiment prêt à devenir entrepreneur?

Pour alimenter votre réflexion sur le sujet, voici 5 questions que je vous suggère de vous poser avant de vous lancer.

La famille met-elle de la pression sur votre projet?

Olivier Lambert, heureusement pour lui, n’a pas eu de pression de la part de sa famille. Il invoque, à juste titre, que les parents ou les conjoints ont souvent comme premier réflexe de décourager l’entrepreneur qui émerge:

D’habitude, quand on lance une entreprise, les gens sont hésitants. Ils te disent des choses comme “Tu n’as pas peur de manquer d’argent?” ou “C’est pas un peu irresponsable?”

Que ferez-vous si votre famille tente de vous décourager ou n’encourage pas votre projet? C’est malheureux, mais peut-on blâmer nos proches de vouloir notre bien? C’est à vous d’évaluer si vous êtes capable de prendre cette pression, ou à tout le moins l’absence de support de votre famille.

D’un autre côté, assurez-vous que vos proches soient en mesure d’absorber cette pression également si vous vous lancez. Il peut arriver que vous deviez hypothéquer à nouveau votre maison. Or, souvent elle appartient au couple. Comment réagira votre conjoint?  Mieux vaut mettre cartes sur table avant de vous lancer en ayant une sérieuse et profonde discussion avec lui ou avec elle.

Êtes-vous prêts au mode de vie d’un entrepreneur?

Être entrepreneur, ce n’est pas juste une job. C’est un mode de vie, 24 heure sur 24, 365 jours par année. Il ne s’agit pas de faire du 9 à 5 du lundi au vendredi. L’horaire de travail, surtout en démarrage, ressemble davantage à du 80 heures par semaine qu’à du 35 heures. Et il est rare qu’un entrepreneur mette une idée ou un problème de côté parce qu’il est 17 h 00 le soir.

M. Lambert me fournit à nouveau une excellente citation, positive cette fois:

Il est tard, je suis en pyjama et j’ai un scotch à la main (Bowmore 15). Le prélancement est terminé et je fixe mon écran avec ivresse et incrédulité.

Je n’arrive simplement pas à croire le chiffre que mon tableau de bord Gumroad — 5 940$.

Soudainement, le travail que j’ai fait dans les 2 derniers mois commence à faire du sens dans ma tête. Tsay… Je savais que c’était possible de faire de l’argent sur le web. Mais là c’est réel, bien concret, et dans mon compte!

Cependant je réalise que faire un cours en ligne, c’est de la job en sacrement.

Oui, Olivier. C’est de la job et titi. Surtout en consultation, je dirais. Pour être rentable, vous devez facturer au moins 25 heures par semaine. Ceci signifie que pour atteindre ce chiffre, vous devez passer au moins 60 heures à faire de la prospection de clients, du développement de concepts et de l’administration.

Avez-vous économisé suffisamment?

Économiser pour se lancer, c’est une chose. Les banquiers vous demanderont une mise de fonds d’environ 20% pour obtenir du financement, qui servent généralement aux dépenses du fonds de roulement. Mais il faut AUSSI économiser pour vivre. Olivier Lambert l’a merveilleusement souligné:

Mon plan diabolique n’a pas fonctionné… À peine une dizaine de personnes a décidé de me payer des cafés. Par contre, quelqu’un a vraiment pris la peine de me shipper un sac de café, ce qui est hilarant! (Merci Barista!)

Ce qui est moins drôle, c’est que j’ai passé à travers mes économies et que j’ai besoin de faire rentrer de l’argent TOUT DE SUITE.

Il ajoute plus loin:

J’ai ajouté une nouvelle offre à la fin de mon entonnoir de vente. 1$ aujourd’hui, puis 2 montants mensuels de 247,50. J’ai eu une vingtaine d’inscrits, mais j’ai vraiment peur que les paiements ne passent pas dans un mois.

Êtes-vous capable de vivre un an sans salaire (en plus de vos économies pour votre mise de fonds)? En d’autres mots, votre conjoint peut-il compenser un salaire que vous n’aurez pas pendant un certain temps?

La première année est difficile pour plusieurs. En consultation, les périodes de décembre et de janvier, de même que l’été, constituent des périodes très calmes. Vraiment, c’est le temps de prendre des vacances méritées durant ces périodes. De toute façon, personne ne vous retournera vos appels à froid. Prévoyez le pire pour qu’il ne se réalise pas!

Baissez-vous les bras facilement?

Le démarrage d’une entreprise est pavé de hauts et de bas, surtout au début. Ce n’est pas simple de tout mettre en place tant le nombre d’embûches rendent le chemin cahoteux.  C’est souvent tentant de baisser les bras, pas vrai M. Lambert?

Je reçois environ 60 courriels de support par jour: je suis débordé, tanné et j’ai le goût de rappeler Voyages à Rabais pour qu’ils me redonnent une job.

Alors que tout fonctionne pour moi, plusieurs personnes me disent qu’ils ont essayé de s’inscrire, mais que ça ne marche pas! Je déteste ça… J’ai l’impression de perdre de l’argent par milliers!

La fierté d’avoir tout fait de A à Z se transforme rapidement en frustration de ne pas avoir pris une plateforme préfaite.

Si vous voulez mon avis, les hauts effacent d’un coup tout le ressentiment causé par les bas. Comme un bébé qui hurle toute la nuit et qui au matin, il vous fait un sourire désarmant qui vous fait tout oublier. Voyez ce qu’ajoute M. Lambert:

J’ai l’impression d’être bipolaire. Une semaine je suis stressé à m’en arracher les cheveux, l’autre je suis extatique et je me sens invincible.

Tel que prédit, 50% des ventes à 1$ n’ont pas passé. Mais pour l’instant, je m’en fou. En octobre, j’ai fait 16 658.60$!

Je suis tellement fier — j’ai brisé le code!

Les entrepreneurs qui ont survécu aux 3 premières années (la phase critique) sont ceux qui ne baissent pas les bras, qui continuent de foncer. Ils ajustent le tir, certes, mais ils persévèrent. Parlez-en à Julie Dubeau,  David Boudreault ou à Audrey Richer.

Quels sont vos traits qui vous propulseront en affaires?

Vos traits et vos compétences feront la différence entre le succès et l’échec de votre projet entrepreneurial. Il ne faut pas croire que tous les entrepreneurs détiennent tous les attributs qui mènent au succès; il s’agit plutôt de connaître vos forces et vos faiblesses. Exploiter vos forces, corrigez vos faiblesses.

Quelles sont vos motivations à devenir entrepreneur?

Qu’est-ce qui vous motivera à vous lever le matin? Vos motivations vous appartiennent. Pour certain, l’important, c’est de faire de l’argent. Pour d’autres, comme Olivier Lambert, c’est de travailler en pyjama de chez soi. Les motivations sont donc différentes d’un entrepreneur à l’autre; n’allez pas croire que vous seriez un mauvais entrepreneur si votre but ne consiste pas à devenir une grande entreprise mondiale ou intersidérale.

Toutefois, il faut que vos motivations soient alignées avec un projet entrepreneurial. Si vous êtes motivés par la sécurité financière, il est possible que vous trouviez l’entrepreneuriat difficile, surtout au début. Par contre, si vous carburez aux défis, vous aurez davantage de chance de vous sentir à l’aise.

Il faut aussi que vos motivations soient durables dans le temps. Démarrer une entreprise pour concurrencer votre ancien patron, car vous avez envie de lui en faire voir de toutes les couleurs, représente une motivation qui s’estompera au fur et à mesure que votre rancoeur diminuera. Au final, il est fort possible que vous vous demandiez ce que vous faites là.

Conclusion: n’ayez pas peur de l’échec

Je reprends la question du début: êtes-vous fait pour l’entrepreneuriat? Mon but ne consiste pas à vous décourager, mais à vous aidez à réfléchir sur cette question.  Très souvent, les personnes qui choisissisent de ne pas démarrer prennent cette décision non pas parce qu’ils n’ont pas les capacités, mais parce qu’elles réalisent qu’elles ne sont pas prêtes LÀ, immédiatement. Quelques mois plus tard, voire quelques années, elles reviennent à la charge et démarrent leur entreprise.

Pour terminer, l’échec fait partie de la vie entrepreneuriale. Beaucoup d’entrepreneurs de par le monde ont fait faillites quelques fois. Consultez cet article pour connaître la liste des entrepreneurs à succès qui ont d’abord connu l’échec. Avouez, c’est étonnant!

L’important consiste à savoir apprendre de ses erreurs et d’être assez humble pour demander de l’aide, comme de spécialistes en démarrage d’entreprise. Ne vous découragez pas après un échec. La ligne entre le succès et l’échec est tellement mince qu’un petit ajustement à votre modèle d’affaires pourrait faire toute la différence!

Avez-vous aimé cet article? Suscite-t-il d’autres questions? Faites-en part dans les commentaires !

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